Intervention de Jean-Baptiste Djebbari à l'occasion de l'arrivée du Connecting Europe Express à Paris - jeudi 7 octobre 2021

Le Jeudi 7 octobre 2021

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Commissaire européen, cher Thierry,
Monsieur le Ministre, cher Clément,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le président-directeur général, cher Jean-Pierre,
Monsieur le directeur général,
Mesdames et messieurs,

Jules Verne avait imaginé le tour du monde en 80 jours ; nous avons fait le tour de l’Europe en 36 jours.

Je veux d’abord remercier la Commission européenne d’avoir lancé cette idée ; la SNCF, de l’avoir mise en œuvre ; et vous tous, d’être venus, aujourd’hui, accueillir le Connecting Europe Express. Cinq semaines durant, ce train nous a reliés. Depuis l’Atlantique jusqu’à la mer Baltique, il nous a fédérés. En traversant les Pyrénées, les Alpes, les Carpates et le Grand Balkan, il nous a rapprochés.

Il a fait rimer Bâle avec Rosendael, Lisbonne avec Vérone, et Prague avec Copenhague. Un jour, il passait par le monument aux Girondins ; le lendemain, il était à Turin. Le lundi, c’était Tovarnik ; le mercredi, Thessalonique. Le dimanche à Hambourg ; et le mardi au Luxembourg. C’est du slam, parce que Clément adore ça…

Et aujourd’hui, le voilà. Il arrive au son de l’Hymne à la Joie, mais il résonne de 26 autres hymnes, et de presque autant de langues.
Sur quel autre continent une telle aventure aurait-elle été possible ? Je ne vois que le nôtre.

Car, si l’Europe est devenue l’Europe, c’est grâce à ceux qui ont vu dans les frontières, non pas des murs infranchissables, mais des invitations à les traverser ; à dialoguer ; à échanger. Sans jamais nier nos différences, mais avec la curiosité de les découvrir ; la lucidité de les accepter ; et le courage de les dépasser.

L’Europe, comme le dit Régis DEBRAY, c’est « un maximum de diversité dans un minimum d’espace ».

« Nous sommes éclatés de couleurs, d’accents, d’histoires. […] Nous sommes peuples si différents que notre choix de nous unir […] est un événement inouï au regard de l’Histoire.  »

Et pourtant, nous sommes là.
Nous, Européens.

Ce train nous a donné à voir, il nous a donné à vivre l’Europe.

Mais ce n’est pas parce qu’il arrive à son terminus que l’histoire est terminée. A nous de la prolonger.  A nous de faire vivre l’Europe du ferroviaire.
Ce train ne sera plus là, mais – Clément en a dit un mot – il y en aura beaucoup d’autres à mettre sur les rails européens.

Ce seront d’abord des trains de nuit. Il y aura le Paris-Vienne, qui passera par Strasbourg et Munich, dès le 14 décembre. Puis le Paris-Berlin, à partir de 2023. Et je souhaite qu’il y en ait bien d’autres.

L’Europe doit aussi innover, avec des trains plus légers, avec la révolution de l’hydrogène.

Et puis nous aurons besoin d’avoir, sur les rails européens, beaucoup plus de trains de marchandises. Je veux doubler la part modale du fret d’ici 2030. Nous avons une stratégie nationale qui doit nous y conduire. Mais chacun le sait, le fret dépasse les frontières. Avec 16 autres pays, nous sommes d’accord pour dire qu’il faut un soutien européen encore plus marqué à ce secteur.

La présidence française de l’Union européenne sera l’occasion de porter tous ces sujets. De défendre notre vision de l’Europe. Pour avancer ensemble.

Mesdames et messieurs,

Il est souvent reproché à l’Europe d’être trop abstraite. Trop loin de nous.
Ce train, je crois, en est le plus beau démenti.

L’Europe ne résume pas à des institutions. C’est une civilisation. Ce n’est pas qu’un marché. C’est une communauté.

Une Europe qui protège et qui renforce : c’est cela, l’Europe que nous voulons. Cette Europe, c’est l’Europe du Connecting Europe Express. C’est l’Europe du ferroviaire, qui protège l’environnement et renforce notre mobilité.
Voilà l’Europe en laquelle nous croyons. Voilà l’Europe que nous nous efforçons de bâtir, inlassablement.

Vive le rail, vive la France, et vive l’Europe !