Les forêts françaises et le changement climatique

Le Vendredi 29 mars 2019


Crédits : Arnaud Bouissou / Terra

Les forêts françaises et les produits en bois contribuent de manière significative à la lutte contre le changement climatique et sont donc au cœur du projet de stratégie nationale bas-carbone.

Les forêts atténuent le changement climatique

Les forêts séquestrent le CO2 de l'atmosphère via la photosynthèse, constituant un réservoir de carbone. Lorsque ce stock de carbone est en augmentation, on parle de puits de carbone. Un puits de carbone résulte de l'accroissement biologique (les arbres qui grandissent), de la mortalité (les arbres qui meurent et tombent) et des prélèvements (les arbres coupés). En métropole, la filière forêt-bois représente actuellement un puit de carbone estimé à environ 130 millions de tonnes d’eqCO2 par an, soit près d’1/4 des émissions de gaz à effet de serre annuelles en France.

Le secteur forêt-bois-biomasse contribue à l'atténuation du changement climatique grâce à quatre leviers :

  • le stockage du carbone en forêt (environ 12 % des émissions de gaz à effet de serre annuelles) ;
  • les arbres coupés et transformés en produits, par exemple dans la construction, continuent à stocker le carbone capté par l'arbre même s'ils n'en absorbent plus ;
  • l’utilisation de bois comme matériau, ce qui permet d'éviter des émissions associées à la fabrication d'autres matériaux d'origine fossile ;
  • l’utilisation du bois comme énergie, ce qui permet d'éviter des émissions associées à la combustion d'énergie fossile.

Les forêts françaises, en métropole et outre-mer

Les forêts constituent un élément majeur de nos paysages et présentent des écosystèmes variés. En métropole, la forêt française s’étend sur 30 % du territoire, soit 16,4 millions d’hectares. C’est la quatrième en surface au niveau européen derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. Depuis le début du XIXe siècle, sa surface s’accroit et elle continue de s'étendre naturellement de 90 000 ha par an. Située majoritairement dans les plaines et collines et composée aux deux tiers de feuillus, elle se concentre principalement sur le pourtour méditerranéen, dans le massif landais, dans l'est du pays et dans les régions montagneuses. 75 % de la forêt métropolitaine est privée (3,5 millions de propriétaires) et 25 % publique (domaniale, communale). La France compte aussi plus de 9 millions d’hectares de forêts ultramarines majoritairement tropicales, diversifiées et riches en biodiversité : les mangroves sur les littoraux antillais, les forêts de montagne à La Réunion et sur les pentes volcaniques de la Martinique et de la Guadeloupe, l’immense forêt primaire de en Guyane (8 millions d’hectares, soit 96 % de la superficie de ce territoire)… Près de 6 millions d’hectares de la forêt guyanaise sont protégés (cœur du parc amazonien de Guyane) ou gérés par l’Office national des forêts (ONF) selon des pratiques peu intensives.

La forêt au cœur de la stratégie nationale bas-carbone

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le projet de stratégie nationale bas-carbone révisée prévoit de :

  • s'assurer que la forêt continue de croître en améliorant la gestion sylvicole pour adapter la forêt aux effets du changement climatique ;
  • développer le boisement et réduire les défrichements ;
  • stimuler une gestion forestière durable, en particulier en forêt privée, pour accroître la mobilisation du bois et le renouvellement des peuplements, tout en préservant le maintien d’une biodiversité fonctionnelle ;
  • accroître les usages du bois à longue durée de vie, par exemple dans la construction.

Vulnérabilité au changement climatique

La résilience de la forêt est un enjeu à la fois environnemental, social et économique, qui vise à préserver les écosystèmes, la séquestration de carbone atmosphérique, la production de bois et les usages récréatifs. L’état de santé des forêts métropolitaines a souffert des tempêtes et sécheresses des deux dernières décennies et reste fragile dans un contexte d’augmentation des risques liée au changement climatique. Ainsi, depuis le début des années 2000, on observe une augmentation de la mortalité et de la perte de feuilles des arbres, particulièrement marquée dans le sud-est méditerranéen, à cause des sécheresses pendant la saison de végétation. Cela fait aussi craindre une augmentation du risques d’incendie. Ces forêts fragilisées sont aussi plus sensibles aux ravageurs et aux maladies.