Economie verte : hausse de 72% des emplois dans les filières énergies renouvelables, transports terrestres sobres et rénovation entre 2006 et 2019

Le Mardi 29 juin 2021

Depuis 2008, l'ADEME dresse un état des lieux des marchés et des emplois des principales filières concourant en France à la transition énergétique : les énergies renouvelables et de récupération, les transports terrestres sobres en énergie et peu émetteurs et l’efficacité énergétique des bâtiments résidentiels. Cette nouvelle édition présente les principaux résultats de l'étude sur la période 2006-2019, avant la crise sanitaire intervenue en 2020.

Sur la période 2006-2019, les marchés associés à ces filières ont plus que doublé (+ 150 %), portés notamment par les politiques volontaristes de l’État. En 2019, ils représentent 83,3 milliards d’euros. Dans le même temps, le nombre d’emplois directs dans ces filières a progressé de 72 %, passant de 200 000 à 360 000 personnes employées (en ETP).

Cette étude prouve une chose : l'économie verte recrute ! Si vous voulez travailler dans un secteur en expansion, riche en emplois et utile pour lutter contre le dérèglement climatique, vous pouvez vous tourner vers les filières des énergies renouvelables, de la rénovation des bâtiments ou des transports sobres qui ont connu une croissance de 150% de leur chiffre d’affaire global entre 2006 et 2019. Le Gouvernement accompagne pleinement ces dynamiques, par exemple en finançant massivement les changements de chaudières à fioul par des technologiques plus écologiques comme les pompes à chaleur. Chaque année 100 000 chaudières sont changées, ce qui permet de baisser significativement nos émissions de gaz à effet de serre, tout en permettant une hausse de 80% du nombre d’emplois dans la filière entre 2017 et 2019. Cette croissance est une excellente nouvelle. Nous la renforçons avec les 30 milliards d'euros du plan France Relance consacrés à la transition écologique.

Barbara Pompili

3 secteurs clés de la transition énergétique globalement en croissance depuis 2006

Trois secteurs clés de la transition écologique totalisent un chiffre d’affaires de plus de 83 milliards d’euros, soit une très forte hausse de 150% depuis 2006.

Cela concerne les secteurs suivants :

  • Les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) avec l’hydroélectricité, l’éolien terrestre, le photovoltaïque, les pompes à chaleur, les chauffe-eau thermodynamiques (CET), les biocarburants, le biogaz, etc. Les marchés des énergies renouvelables et de récupération[1] ont plus que doublé entre 2006 et 2019, avec un chiffre d’affaires de 29,6 Md€ en 2019.
  • Les transports terrestres sobres en énergie et peu émetteurs avec les infrastructures et les équipements ferroviaires, les vélos urbains, les véhicules hybrides ou électriques, les véhicules roulant au GNV, les équipements de transport collectif, etc. Les marchés liés aux modes de transport[2] terrestres sobres en énergie et peu émetteurs ont été multipliés par trois entre 2006 et 2019. Le chiffre d’affaires atteint 29,8 Md€ en 2019.
  • L’efficacité énergétique du bâtiment résidentiel avec les travaux d’isolation, les appareils de chauffage et électroménagers performants etc. Les marchés de la rénovation énergétique des bâtiments résidentiels [3]ont presque doublé entre 2006 et 2019, représentant désormais un chiffre d’affaires de 30,4 Md€.

[1]Les énergies renouvelables électriques (éolien terrestre, hydroélectricité, solaire photovoltaïque) ; la chaleur domestique (bois-énergie, pompes à chaleur et chauffe-eau thermodynamiques, solaire thermique) ; la chaleur collective (bois énergie collectif, géothermie, réseaux de chaleur, valorisation énergétique des déchets ménagers par incinération) ; les biocarburants, le biogaz.

[2] Infrastructures et équipements ferroviaires, infrastructures et équipements des transports collectifs routiers de voyageurs, infrastructures et équipements des transports collectifs urbains, vélos urbains, véhicules particuliers neufs de classe A, véhicules électriques, véhicules hybrides rechargeables et non rechargeables, véhicules au GNV.

[3] Isolation des parois opaques, renouvellement des ouvertures, ventilation mécanique contrôlée ; appareils de chauffage au bois, chaudières fioul et gaz à condensation, pompes à chaleur domestiques et chauffe-eau thermodynamiques, solaire thermique, appareils de régulation du chauffage, appareils électroménagers performants ; les  diagnostics de performance énergétique (DPE).

Des évolutions d’emplois contrastées selon les secteurs

Dans ces 3 secteurs clés de la transition écologique, le nombre d’emplois directs a globalement augmenté de 72 % entre  2006 et 2019, avec près de 360 000 personnes employées (en ETP) dans ces secteurs. Cependant, depuis 2013, l’augmentation est faible, du fait d’évolutions contrastées des différents secteurs : si les emplois dans l’efficacité énergétique du bâtiment résidentiel et dans les EnRR ont poursuivi leur croissance, les emplois dans le secteur des transports terrestres sobres en énergie et peu émetteurs sont en diminution.

En 2019, le bâtiment résidentiel reste le premier secteur d’emplois avec 211 360 ETP (+3 % par rapport à 2017).

Les emplois se répartissent dans 3 sous-secteurs aux évolutions contrastées :

  • La rénovation énergétique de l’enveloppe : 131 710 ETP, en baisse de 9 % par rapport à 2017
  • Les appareils performants (dont les équipements EnR posés en rénovation) : 77 310 ETP en 2019, en hausse de 33 % par rapport à 2017,
  • Les diagnostics de performance énergétique (DPE) : 2 340 ETP, en hausse de 28 % par rapport à 2017.

Ce marché est porté par le dynamisme du remplacement des appareils de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire avec les pompes à chaleur domestiques[1] par exemple, qui sont en forte augmentation.

 

[1] A noter : 46% des PAC posées en 2019 sont des PAC air/air réversibles et que le double usage - chauffage et climatisation - de ces PAC peut induire des consommations en été et donc amoindrir leur contribution à la transition énergétique.

Les emplois des filières EnR&R, voient leurs effectifs progresser de 21 % entre 2017 et 2019 pour atteindre plus de 107 000 ETP.

 

Les emplois se répartissent dans différentes filières :

  • Les EnR électriques : 34 230 ETP en 2019 (+ 2 % par rapport à 2017)
  • La chaleur renouvelable chez les particuliers : 53 920 ETP (+ 41 %)
  • La chaleur renouvelable collective : 12 930 ETP (+ 6 %)
  • Les biocarburants gazole et essence : 2 100 ETP (- 16 %)
  • Le biogaz : 3 850 ETP (+ 14 %).

Toutes ces filières EnR&R, sauf celle des biocarburants gazole, voient leurs emplois progresser entre 2017 et 2019, avec toutefois des dynamiques contrastées : évolutions très fortes pour la chaleur renouvelable domestique, forte pour le biogaz , et évolutions moins fortes pour les filières EnR électriques, la chaleur renouvelable collective et les biocarburants essence.

Malgré un léger sursaut en 2019, la courbe des emplois dans les transports terrestres sobres en énergie et peu émetteurs poursuit sa tendance à la baisse depuis 2013 où ce secteur dépassait les 102 000 ETP.

En 2019, il totalise 82 560 ETP (- 7 % par rapport à 2017).

Cela s’explique notamment par la baisse des emplois liés au secteur des Véhicules Particuliers Neufs (VPN) de classe A (essence-diesel), malgré la croissance des ventes des véhicules électriques, hybrides et roulant au GNV.

En revanche, premier employeur du secteur (46 % des ETP), le ferroviaire voit ses emplois repartir à la hausse avec 37 660 ETP en 2019 (+9 % par rapport à 2017). Cette hausse des emplois se retrouve également dans les modes de transports routiers alternatifs à la voiture individuelle (vélos urbains, transports collectifs urbains, autocars).