Déchets d’équipements électriques et électroniques

Le Mardi 2 novembre 2021

Les équipements électriques et électroniques (EEE) contiennent souvent des substances ou composants dangereux pour l’environnement (piles et accumulateurs, gaz à effet de serre, composants contenant du mercure, condensateurs pouvant contenir des PCB, etc.), mais ils présentent aussi un fort potentiel de recyclage des matériaux qui les composent (métaux ferreux et non ferreux, métaux rares, verre, plastiques, etc.).

Pour répondre à ces enjeux sanitaires et environnementaux, l’Union européenne a défini les conditions de mise sur le marché des EEE ainsi que le cadre de la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) à travers la directive 2002/95/CE du 27 janvier 2003 relative aux substances dangereuses contenues dans ces équipements (dite directive RoHS) et la directive 2002/96/CE du 27 janvier 2003 relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques.

Au niveau national, ces enjeux ont justifié la mise en place d’une filière de gestion spécifique de ces déchets, fondée sur le principe de responsabilité élargie des producteurs de ces équipements. La filière de collecte et de recyclage des DEEE est opérationnelle en France depuis le 22 juillet 2005 pour les DEEE professionnels et depuis le 15 novembre 2006 pour les DEEE ménagers.

Dernièrement, le remplacement des équipements électriques et électroniques (EEE) s’est accéléré et les EEE sont devenus une source de déchets de plus en plus importante. Forte de ce constat, la Commission européenne a révisé ses directives avec la directive 2011/65/UE du 8 juin 2011 (dite directive RoHS II) et la directive 2012/19/UE du 4 juillet 2012 (dite directive DEEE II).

Les DEEE collectés par la filière agréée sont traités en France et en Europe avec un haut niveau de protection de l’environnement. La filière française de collecte et de traitement des DEEE permet de gérer efficacement plus de 600 000 tonnes par an de DEEE et a permis de créer plus de 3 000 emplois depuis 2006 (logistique, réparation, recyclage et dépollution). L’activité de préparation au réemploi est par ailleurs bien développée en France, en particulier sur les gros appareils ménagers blancs (gazinières, lave-linges, etc.) avec des réseaux tels que Envie ou Emmaus.

La filière des déchets d’équipement électriques et électroniques et ses grands objectifs

La loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire a modifié en profondeur le cadre de la responsabilité élargie du producteur en France (articles L. 541-10 à L. 541-10-17 et R. 541-86 à R. 541-178 du Code de l'environnement). L’organisation de la filière des DEEE est réglementée également par les articles L. 541-10-20 et R. 543-172 à R. 543-206 du Code de l’environnement.

Ce dispositif réglementaire est complété par les arrêtés concernant :

Depuis 2018, le champ d’application de la directive est ouvert à l’ensemble des équipements électriques et électroniques (sauf exemptions mentionnées au III de l’article R. 543-172 du code de l’environnement et à l’article R. 543-172-1 du code de l’environnement).

Les équipements électriques et électroniques ménagers

Dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs, les producteurs d’équipements électriques et électroniques ménagers sont responsables de l’enlèvement et du traitement des DEEE ménagers collectés sélectivement sur le territoire national, y compris dans les départements d’outre-mer et dans les collectivités d’outre-mer pour lesquelles la réglementation nationale s’applique. Ils peuvent remplir ces obligations soit en créant des systèmes individuels approuvés par les pouvoirs publics pour les déchets issus de leurs propres équipements, soit en adhérant à l’un des organismes collectifs agréés par les pouvoirs publics, au prorata des quantités d’équipements qu’ils mettent sur le marché.

À ce jour, un système individuel a été agréé (cf. arrêté du 14 avril 2021 portant agrément d’un système individuel de la filière des déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers - https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2021/4/14/TREP2109005A/jo/texte ).

Différents éco-organismes se sont portés candidats à l’agrément pour la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021 selon les dispositions de l'arrêté du 2 décembre 2014 relatif à la procédure d'agrément et portant cahier des charges des éco-organismes de la filière des DEEE.

L’instruction par les pouvoirs publics des candidatures a abouti aux agréments des éco-organismes suivants :

  • Ecologic (éco-organisme généraliste),
  • Ecosystem (éco-organisme généraliste),
  • Soren (éco-organisme spécifique aux panneaux photovoltaïques).

Un organisme coordonnateur, OCAD3E, a également été agréé jusqu’au 31 décembre 2021 selon les dispositions de l’arrêté du 2 décembre 2014 relatif à la procédure d’agrément et portant cahier des charges des organismes coordonnateurs de la filière des DEEE

Les équipements électriques et électroniques professionnels

Les producteurs d’équipements électriques et électroniques professionnels sont responsables de l’enlèvement et du traitement des DEEE professionnels mis sur le marché après le 13 août 2005. Les détenteurs d’équipements professionnels mis sur le marché avant cette date demeurent responsables de la gestion des déchets qui en sont issus, sauf en cas de remplacement d’un tel équipement par un équipement neuf. Les producteurs peuvent remplir leurs obligations en mettant en place des systèmes individuels attestés ou en adhérant à un éco-organisme agréé par les pouvoirs publics.

Différents éco-organismes se sont portés candidats à l’agrément pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2021 selon les dispositions du cahier des charges, annexé à l'arrêté du 5 juin 2012 dont la version consolidée figure ci-dessous.

L’instruction par les pouvoirs publics des candidatures a abouti aux agréments des écoorganismes suivants pour différentes catégories d’équipements :

  • Ecologic (pour les catégories 1 à 4, 6, 7, 10, 14),
  • Ecosystem (pour les catégories 1, 2, 5, 6, 8, 9, 10, 12 et 13),
  • Screlec (pour la catégorie 14)

La directive RoHS

Les objectifs de la politique environnementale, et plus spécifiquement de la politique des déchets, concourent à la protection des milieux naturels et de la santé par la prévention des déchets dangereux, mais aussi à une croissance économique durable et juste.

Les disparités entre les dispositions législatives et administratives adoptées par les États membres concernant la limitation de l’utilisation de substances dangereuses dans les EEE pouvaient créer des entraves aux échanges, fausser la concurrence dans l’Union et donc avoir une incidence directe sur l’établissement et le fonctionnement du marché intérieur. Il est donc apparu nécessaire de rapprocher les législations des États membres dans ce secteur.

C’est l’objet de la directive 2011/65/UE du 8 juin 2011 relative à la limitation de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les EEE. Celle-ci a été transposée en droit français aux articles R.543-171-1 à R.543-171-12 du Code de l’environnement par le décret n° 2013-988 du 6 novembre 2013. Ce décret renforce les exigences de la réglementation sur les limitations en substances dangereuses en diminuant les seuils d’acceptabilité dans les produits. Il prévoit un élargissement progressif du champ des produits concernés dans les années à venir.

Les annexes de la directive 2011/65/UE relative à la limitation de l'utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques ont été modifiées et complétées en tant que de besoin par voie d'actes délégués. La liste consolidée des modifications des annexes II, III et IV de la directive 2011/65/UE, mentionnées à l'article R. 543-171-3 du code de l'environnement peut être téléchargée ci-dessous.