Adoption du pacte de Glasgow pour le climat à la COP26 : une dynamique à poursuivre

Le Lundi 15 novembre 2021

La 26e Conférence des Parties, ou COP26, qui s’est tenue à Glasgow (Royaume-Uni), a réuni près de 200 dirigeants mondiaux, ainsi que des dizaines de milliers de représentants de gouvernements, de villes, de régions et d’acteurs non étatiques (entreprises, investisseurs, ONG…) pendant deux semaines de négociations, du 31 octobre au 13 novembre 2021.

Cette COP était particulièrement importante car, comme le rappelle le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en août 2021, le monde n’est pas sur la bonne voie pour rester en dessous des 2 °C voire 1,5 °C de réchauffement global par rapport à l’ère préindustrielle, objectif à long terme de l’Accord de Paris. Les deux semaines de négociations ont permis d’aboutir le 13 novembre à l’adoption du « Pacte de Glasgow pour le climat », permettant notamment de finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris, mais ne répondant pas totalement aux ambitions qui étaient fixées.

Le Pacte de Glasgow pour le Climat a permis d’aboutir sur plusieurs points importants qui étaient en discussion :

  • Finalisation de l’Accord de Paris, le rendant pleinement opérationnel, six ans après son adoption, par des règles robustes :
  • Adoption de l’article 6, qui prévoit des mécanismes autorisant les Parties à échanger des réductions d’émissions afin d’atteindre leur CDN, sans double-comptage ;
     
  • Adoption du cadre de transparence renforcée (article 13) : les Parties devront désormais rapporter leurs émissions de gaz à effet de serre de la manière la plus détaillée possible et de façon comparable.
  • Atténuation : le Pacte de Glasgow pour le climat demande aux Parties de rehausser leur ambition dès 2022 dès lors que leur contribution déterminée au niveau national ne serait pas dans la trajectoire de l’Accord de Paris. L’ensemble des contributions nationales seront désormais transmises au secrétariat des Nations-Unies, et feront l’objet d’un rapport de synthèse annuel.
  • Adaptation : création d’un programme de travail 2022-2023 visant à la mise en œuvre de l’objectif mondial d’adaptation. Les pays développés s’engagent à doubler la finance pour l’adaptation d’ici 2025 par rapport au niveau de 2019.
  • Biodiversité : la contribution des écosystèmes en tant que puits et réservoirs de gaz à effet de serre et l’importance de les protéger pour atteindre l’objectif des 1,5° sont ancrées dans les décisions. La France regrette néanmoins que les « Solutions fondées sur la nature », qui permettent d’agir sur la lutte contre le changement climatique ou la gestion des risques naturels grâce aux écosystèmes, n’apparaissent pas dans le texte.
     
  • Pour la première fois dans un document de la Convention climat, la réduction des énergies fossiles est mentionnée dans la déclaration finale. Néanmoins, la France regrette que le terme "disparition progressive" du charbon ait été remplacé in extremis par "diminution progressive".

Malgré des avancées sur les pertes et les préjudices (notamment l’adoption des fonctions du Réseau de Santiago, qui visent à faciliter la mise en œuvre de mesures de soutiens, et l’accès aux mesures d’assistance), les pays les plus vulnérables jugent celles-ci insuffisantes. De nouvelles discussions sont déjà à l’ordre du jour de la COP27.

La France s’est également engagée dans plusieurs coalitions pour accélérer sa lutte contre le changement climatique :

Fin des financements à l’étranger de projets d’exploitation d’énergies fossiles non adossés à des dispositifs de captage ou de stockage de carbone, d’ici fin 2022

La France a rejoint l’accord mettant fin aux financements à l’étranger de projets d’exploitation d’énergies fossiles non adossés à des dispositifs de captage ou de stockage de carbone, d’ici fin 2022. Cette déclaration concerne à la fois l’aide publique française au développement bilatérale et les financements à l’export. Elle fait écho à la dynamique initiée par la France à travers la coalition internationale Export Finance for Future (E3F).

La France a également rejoint la coalition internationale Beyond Oil and Gas (BOGA). En créant une communauté internationale de pratiques, cette alliance aide les Gouvernements à respecter leur engagement en faveur d’une élimination progressive de la production de pétrole et de gaz.

Réduction des émissions de méthane de 30% par rapport à 2020 d’ici 2030

Plus de 100 pays ont rejoint le Gobal Methane Pledge, lancé par les États-Unis et l’Union européenne en septembre 2021. Cet engagement mondial, qui vise à réduire les émissions de méthane (2e gaz à effet de serre, après le CO2) de 30 % d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2020, est le premier en la matière. « Si on réduit de 30% les émissions de méthane, d’ici 2030, c’est comme si on se débarrassait de tous les bateaux, de tous les avions, de tous les camions qui sont sur terre, en termes d’émissions » a précisé John Kerry.

Soutien financier à la transition énergétique en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne ont annoncé le lancement d’un partenariat pour la transition énergétique juste en Afrique du Sud. L’Afrique du Sud s’engage à décarboner sa production d’électricité (fermeture des centrales à charbon) et à investir dans la mobilité électrique et l’hydrogène, tandis que les cinq partenaires promettent un soutien financier de 8,5 milliards de dollars sur les 3 à 5 prochaines années.

Rehaussement de la contribution de la France pour la finance climat à hauteur de 7 milliards de dollars par an

S'agissant de l’objectif des 100 milliards de dollars annuels pour les pays en développement, la France a rehaussé sa contribution à 7 milliards de dollars (6 Md€) par an, dont un tiers pour l'adaptation. Elle a aussi annoncé une contribution au Fonds pour les pays les moins avancés d'un montant de 20 millions d'euros.

Soutien aux « Glasgow Breakthroughs » pour rendre l’innovation et les technologies propres abordables pour les pays en développement d’ici 2030

42 pays, dont la France, se sont engagés à soutenir les « Glasgow Breakthroughs » (avancées de Glasgow), visant à rendre l’innovation et les technologies propres abordables pour les pays en développement d’ici 2030. Les cinq secteurs d’activité les plus émissifs sont concernés : électricité, acier, hydrogène, véhicules, agriculture.

Accélération des investissements et la coopération internationale pour les réseaux électriques verts

Le Royaume-Uni, l’Inde, la France, les États-Unis et l’Australie, en lien avec l’Alliance solaire internationale, ont lancé l’initiative Green Grids Initiative-One Sun One World One Grid afin d’accélérer les investissements et la coopération internationale pour les réseaux électriques verts.

Arrêt de la déforestation et de la dégradation des terres d’ici 2030

Une centaine de chefs d’États et de gouvernements ont adopté une déclaration sur les forêts et l’utilisation des terres. Les pays signataires, dont la France, s’engagent ainsi à stopper et inverser la déforestation et la dégradation des terres d’ici 2030. Un engagement financier collectif sur 2021-2025 de 12 milliards de dollars, le « Global Forest Finance Pledge », est publié (1 Md pour l’UE, 800 M pour la France).

Parallèlement, 12 pays, dont la France, ont présenté un engagement pour la protection du bassin du Congo (2e forêt tropicale du monde) et ont annoncé un financement à hauteur de 1,5 milliards de dollars pour les 5 prochaines années.

Réaffirmation du soutien à la Grande muraille verte

Les chefs d’État et de Gouvernement de la Grande muraille verte ont réaffirmé leur soutien à l’initiative lancée lors du One Planet Summit de janvier 2021. Près de la moitié des 19 milliards de dollars promis pour la construction de la Grande muraille verte ont déjà été engagés.

Troisième déclaration de l’initiative Because the Ocean pour accélérer les efforts visant à supprimer les émissions de gaz à effet de serre issues du transport maritime international

L'initiative Because the Ocean (BTO), signée en 2015 à la COP21 par 23 pays, dont la France, a lancé sa troisième déclaration. Elle y réaffirme notamment que la protection de l'océan est indispensable à lutte contre le changement climatique et propose d'accélérer les efforts visant à supprimer les émissions de gaz à effet de serre issues du transport maritime international.

Signature de la « Clydebank Declaration » pour soutenir la création de corridors verts entre deux ports

La France a signé la « Clydebank Declaration » visant à soutenir l’établissement de corridors verts (routes maritimes zéro émission) entre deux ports. Pour y parvenir, la déclaration s’appuie sur la collaboration internationale et la mise en place de partenariats entre les acteurs concernés : armateurs, ports, énergéticiens… L’objectif collectif des signataires est la mise en place d’au moins 6 corridors d’ici 2025.

Ralliement à la coalition sur l’ambition climatique de l’aviation internationale, pour réduire les émissions du secteur aérien

La France a rejoint la nouvelle coalition sur l’ambition climatique de l’aviation internationale (International Aviation Climate Ambition Coalition) lancée le 10 novembre lors de la journée dédiée au transport, avec la signature d’une déclaration sur l’ambition climatique. Les signataires s’engagent notamment à promouvoir des mesures spécifiques pour réduire les émissions du secteur aérien (carburants durables, régime de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale, nouvelles technologies).

Signature d’un appel à l’action sur les infrastructures de recharge pour véhicules électriques dans le but d’atteindre le zéro émission du transport routier

La France a signé le 10 novembre, avec d’autres États, des villes, régions, entreprises, un « Call to action » sur les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques. S’inscrivant dans l’ambition commune d’atteindre le zéro émission du transport routier, cet Appel doit inciter les acteurs à déployer ces infrastructures.