Créé le 13 avril 2004
Actualisé le 11 avril 2004
Les cyclones
Les cyclones ont été rares dans le passé, mais, exceptionnellement lors de la période anormale d’El Niño entre 1982 et 1983, la Polynésie française a été ravagée par 6 cyclones et des destructions très importantes de pentes externes à 50, 90%, voire 100%, ont été observées, jusqu’à au moins 75 mètres de profondeur, par exemple sur l’atoll de Tikehau. Sur Tahiti, l’impact des cyclones était nettement visible où localement la dalle corallienne avait été complètement abrasée. En 1991 à nouveau, le cyclone Wasa a touché les récifs de Moorea, Tahiti et des Iles Sous-le-Vent (Bora-Bora).
En 1997, les cyclones Martin et Osea ont dévasté Bellinghausen, Maupiti et Bora-Bora.
Accompagnant la période cyclonique de 1983, les fortes marées basses barométriques avec un niveau moyen de la mer de 20 à 25 cm au dessous du niveau normal dans l’archipel de la Société, ont causé une mortalité importante de l’ensemble des organismes des platiers sous faible hauteur d’eau, à Moorea par exemple.
Le blanchissement des récifs
Au cours des 20 dernières années, plusieurs phénomènes de blanchissement se sont produits dans les îles de la Société puis aux Tuamotu. En 1983, 1984, 1987, puis plus récemment en 1994 et 1996, le blanchissement fut modéré. L’épisode le plus marqué en 90, a connu une ampleur importante dans les îles de la Société où tous les récifs ont été concernés. Sur les pentes récifales de Moorea, 51% des colonies blanchirent et 17% moururent. Il semble que la cause ait été une anomalie positive de température entre 0,5°C et 1°C, avec une synergie de conditions climatologiques défavorables. En 1994, un phénomène similaire s’est déclaré sur la Société, pour s’étendre ensuite aux Tuamotu. En juin 94, 56% des coraux de la pente externe de Moorea étaient blancs. En 1998, le blanchissement a touché certains atolls des Tuamotu.

Blanchissement du récif à Mooréa (Photo R Hayes)
Les infestations d’Acanthaster planci
En Polynésie, Acanthaster est responsable de profondes modifications des communautés coralliennes, avec de fortes mortalités, en particulier chez les coraux du genre Acropora et Pocillopora. Les principales infestations ont eu lieu entre 1979 et 1986, mais s’observent encore de nos jours. Sur l’île de Moorea, au niveau de la pente externe, les taux de destruction étaient supérieurs à 50% ; variables suivant la composition spécifique, ils atteignaient 60 à 70% sur le platier du récif-barrière et jusqu’à 90% dans les zones les plus touchées du récif frangeant. L’évolution entre 1987 et 1991 va dans le sens d’une recolonisation avec, dans la période, une augmentation de la diversité des espèces recrutantes (de 12 à 28 espèces) ainsi que du taux de recouvrement (de 14% à 28%) des zones affectées (Tiahura). Sur Tahiti, 12 des 17 sites du RTO explorés en 1989 avaient été plus ou moins sévèrement touchés par Acanthaster et à cette date des infestations avaient encore lieu à Taunoa et Atimaono, où une diminution de 31% de la vitalité corallienne a été enregistrée entre 1989 et 1996.
Les proliférations phytoplanctoniques
Des proliférations d’algues planctoniques dans les lagons d’atolls, suivies d’une mortalité plus ou moins importante des organismes lagonaires, sont périodiquement signalées : Taiaro (1906), côte ouest de Tahiti (1925), Mataiva (1953), Punaauia (Tahiti, 1964), Tupai (1970), Takume (1972), Tetiaroa (1983). L’événement le plus récent et particulièrement important a eu lieu en mars 1994 dans le lagon d’Hikueru, avec une importante mortalité des mollusques bivalves comme les bénitiers et surtout, les nacres, les gastéropodes, les holothuries, les poissons et le corail. Les raisons de ces phénomènes, semble-t-il naturels, ne sont pas encore connues.
La ciguatera
De 1965 à 1973, toutes formes cliniques prises en compte, l’incidence annuelle à Tahiti est passée de moins de 100 à plus de 400. Elle s’est stabilisée ensuite, suivant grossièrement, entre 1974 et 1990, la croissance démographique.
La surface totale remblayée sur les récifs coralliens de Polynésie, le plus souvent sans autorisation, n’est pas connue de façon exacte. Dans la zone urbaine de Tahiti, où par exemple l’ensemble de l’aéroport est construit sur un remblai gagné sur les récifs, la surface de récif frangeant détruite par les remblais et par les dragages a été estimée à 20% de la surface totale de récif frangeant de cette zone. A Moorea, les surfaces de remblais ont été estimés à 19 ha. Dans les îles Sous-le-Vent, les surfaces totales remblayées de 1956 à 1993 sont de l’ordre de 7 ha pour Huahine, de 37,5 ha pour Raiatea, environ 12 ha pour Tahaa, 28,2 ha pour Bora-Bora. Ce qui représente, sur ces 4 îles, une surface totale de récifs détruite d’environ 88,6 ha (soit 3% de l’ensemble des récifs frangeants). Rapporté à la taille de l’île, l’importance relative des remblais est la plus importante à Bora-Bora où, si l’on réparti les surfaces remblayées tout autour de l’île, ces derniers occuperaient le domaine maritime sur près de 7 mètres de large (MARQUET, 1994). Actuellement, suite aux glissements de terrain qui ont eu lieu sur Raiatea et Tahaa, de grandes quantités de terre sont dégagées sur le récif frangeant.

Remblais sur le récif frangeant (Photo C Gabrié)
Les dragages dans le récif pour pourvoir aux besoins en granulats, pour la construction de routes en particulier, ou pour la réalisation d’aménagements maritimes comme les ports ou les chenaux de navigation, ont été l’une des causes majeures de destruction des récifs en Polynésie pendant de longues années. Les granulats coralliens constituaient il y a 20 ans encore quasiment la seule source de matériaux du Territoire. Aujourd’hui encore, malgré l’interdiction d’extraire du corail depuis 1968, le statut dérogatoire perdure depuis 20 ans et le matériau corallien demeure la source majeure de granulats, (45% sur la période 1989-1993). Compte tenu des techniques d’extraction par pelles mécaniques directement sur les platiers frangeants, cette pratique ancienne a détruit des surfaces considérables de récif frangeant, sans commune mesure avec les volumes extraits.
Le volume total extrait jusqu’en 1993 correspond à presque 4,5 millions de m3 ce qui représenterait, pour une souille de 5 mètres de profondeur, un linéaire de 225 km de récifs détruits sur une bande de 4 mètres de large.
Dans toutes les îles, le nombre de sites d’extractions et les volumes extraits sont ou ont été très importants : 36 sites à Tahiti, 18 sites à Moorea et un total de 129 sites dans les Iles Sous-le-Vent ont été dénombrés. Dans les Iles Sous-le-Vent, le problème est particulièrement dramatique car les extractions se faisaient sur la pente externe qui est la partie la plus riche du récif. De plus, la technique qui consistait à extraire au fur et à mesure des besoins, sur les lieux mêmes d’utilisation des matériaux, a conduit à la multiplication des petites extractions et à un véritable "mitage" des récifs ; on y compte en moyenne une extraction tous les 2 kilomètres. En 1993, la surface totale de récif frangeant directement détruite y a été estimée à 102 ha (3,5%) et, compte tenu de la perturbation des récifs voisins, environ 7 à 11% des récifs frangeants en ont subi l’impact.
L’île de Raiatea est la plus touchée : si l’on réparti uniformément les volumes extraits, 5 mètres de largeur équivalente de récif ont été extraits sur près de 4 m de profondeur tout autour de l’île (MARQUET, 1994).
Aujourd’hui c’est toujours dans les Iles Sous-le-Vent que l’activité est la plus développée, mais le nombre de sites a été réduit à 2 ou 3 par îles et les nuisances résultant de la mise en suspension des fines de corail ont été diminuées depuis l’emploi obligatoire d’écrans en géotextile et l’extraction en souilles fermées.

Extraction de matériaux coralliens (Photo M Porcher)
L’hypersédimentation de matériel terrigène résultant des phénomènes d’érosion sur les bassins versants et véhiculé par les eaux pluviales dans les lagons constitue, en particulier à Tahiti où les terrassements se multiplient, l’une des nuisances actuelles les plus importantes sur le lagon.
Les causes majeures d’érosion résultent des terrassements en montagne, pour l’urbanisation des pentes, l’agriculture, les routes ou les aménagements hydrauliques, qui entraînent le remaniement et l’érosion de quantités considérables de terre. Dès 1982, dans la zone urbaine de Papeete, les études sédimentologiques avaient montré une accentuation des dépôts terrigènes dans certains secteurs ayant subi de gros travaux de terrassement en amont, induisant dans certains secteurs de l’île de profondes modifications du profil littoral et la dégradation des récifs frangeants (récif d’Hitiaa, Titaaviri : création d’un delta de 25.000 m2). L’influence de ces apports terrigènes sur la répartition et la diversité des espèces a été mise en évidence.
Malgré leur importance, ces problèmes d’érosion et de sédimentation sont très peu quantifiés (les seules valeurs disponibles oscillent entre 100 et 700 t/ha/an, suivant les conditions). La multiplication, dans toutes les îles, des petits terrassements souvent sauvages devient préoccupante. Les perspectives d’avenir qui prévoient le désenclavement des plaines littorales par le développement d’infrastructures routières dans l’ensemble des archipels et en particulier des réseaux de pénétration, ainsi que la multiplication des centrales hydroélectriques destinées à diminuer la dépendance énergétique, rendent certaine l’amplification des problèmes.

Sédimentation terrigène dans le lagon (Photo M Porcher)
Les problèmes majeurs de pollution des eaux marines sont concentrés dans la zone urbaine de Tahiti, dont la zone portuaire, et les débouchés de vallées industrielles, tandis que sur les autres îles, ils sont localisés dans les zones d’habitat dense et au droit de certains hôtels (39,6 % des rejets des stations d’épuration sont de qualité médiocre et mauvaise en 1993). Outre les rejets urbains, les élevages de porcs ont très longtemps constitué une nuisance très importante. Les connaissances en matière de pollution sont essentiellement focalisées sur Tahiti.
Le lagon de Papeete, et en particulier la zone portuaire et urbaine (Arue), se distingue nettement des autres zones lagonaires de l’île, en raison des teneurs plus élevées en sels nutritifs et en particules (MES), mettant ainsi en évidence les conditions d’eutrophisation de ces zones. Ceci est plus particulièrement vrai de l’azote mais également des phosphates. L’enrichissement en sels nutritifs des eaux du lagon est tenu pour responsable de la progression des peuplements de macroalgues comme les Turbinaria et les Sargassum, dont les biomasses ont doublé en une vingtaine d’années, induisant des modifications de la communauté récifale.
Par ailleurs la pollution chimique présente les caractéristiques suivantes (divers travaux du LESE, dont FRAIZIER, 1985, LESE, 1993 et travaux du RTO, TATARATA, 1997) :
• les détergents : les concentrations relevées autour de Tahiti, de l’ordre de 50 µg/l, sont assez éloignées des concentrations de toxicité aigu‘ (1 à 10 mg/l pour les détergents anioniques) mais elles se situent le plus souvent à des teneurs où des modifications du développement de la flore et de la faune peuvent apparaître (seuil = 50-100 µg/l), ou même, plus rarement, à des teneurs toxiques pour l’environnement. Les concentrations sont maximum dans le port (jusqu’à 690 µg/l) ;
• les métaux lourds : les niveaux de contamination des sédiments et surtout des moules révèlent une pollution significative par les métaux toxiques, notamment le mercure, le cuivre et le zinc, ponctuellement également par le plomb ;
• les pesticides : leur présence dans certains sédiments du lagon atteste d’une pollution nette (Pointe des Pêcheurs, ou Pointe Punaauia). Les teneurs, quelquefois proches du µg/g sec, sont comparables à celles mesurées dans des sites métropolitains ou étrangers considérés comme pollués. La pollution du port par les pesticides est également en augmentation. Les concentrations en lindane, chlordane (valeurs atteignant 100 µg/g), et dieldrine, pesticide extrêmement toxique, (concentration > 60 ng/g) dans certaines stations y sont maximales et considérées comme nettement polluantes.
Depuis de longues années l’ensemble de la zone urbaine connaît une pollution bactériologique.
L’exploitation des ressources vivantes
Outre les poissons, les espèces exploitées appartiennent à tous les groupes : coraux, mollusques, crustacés, échinodermes. Très variable suivant les espèces et les lieux d’exploitation, le niveau d’exploitation sur les stocks est très peu connu. A l’heure actuelle, à l’échelle de la Polynésie, il est limité.
• La pêche des poissons lagonaires
Les techniques de pêche sont variées : parcs à poissons, pêche au filet, pêche à la ligne de fond ou à la traîne, chasse sous-marine ou pêche au fusil-harpon et la nasse. La ressource en poissons est constituée d’une centaine d’espèces seulement sur les 700 à 800 espèces de poissons lagonaires polynésiens. Il est extrêmement difficile, compte tenu de l’aspect diffus des activités de pêche d’avoir des chiffres précis.
Les diverses nuisances liées à l’exploitation des ressources résultent essentiellement des pratiques de pêche et de la destruction des habitats. Les filets maillants en monofilament de nylon sont des filets très efficients (efficacité de 1 à 46 par rapport à des filets de fil tressé) ; leur multiplication, en particulier dans l’archipel de la Société, serait préoccupante. Les fusils sous-marin ont une importance non négligeable, en particulier avec le développement actuel de la pêche de nuit à l’aide de projecteurs puissants ; la technique de rabattage du poisson (comme la pêche au caillou) et les engins passifs abandonnés - filets, parcs à poissons - constituent également une nuisance.

(Photo F Sodter IRD)
Avec une production tournant autour de 4.000 t/an pour un potentiel estimé à 6.000 t/an, les problèmes de surexploitation de ressources ne se posent pas actuellement à l’échelle de la Polynésie, sauf localement à Tahiti dans la zone urbanisée et dans les Iles Sous-le-Vent, ainsi que pour certaines espèces pêchées préférentiellement. Au contraire, en particulier dans les Tuamotu, les chiffres disponibles sont bien en deçà des valeurs potentielles théoriques généralement admises en milieu corallien et il est raisonnable de penser que, sous réserve d’une gestion rationnelle, le stock lagonaire de Polynésie française pourrait être exploité de façon plus soutenue. La surexploitation de certaines espèces vient de ce que la pression de pêche est répartie sur un petit nombre d’espèces, à dominance de carnivores et que la pêche a un caractère très saisonnier : les captures maximales de poissons, en saison chaude, sont effectuées en période de frai, ce qui peut poser un problème de renouvellement des stocks. Mais la destruction du récif frangeant qui est une zone de nurserie pour de nombreuses espèces exploitées est plus préoccupante .

Pêche lagonaire (Photo J Orempüller)
• La perliculture
L’essor de la perliculture est très marqué depuis 1983. L’impact de cette activité sur l’environnement lagonaire est encore mal mesuré. Compte tenu du caractère relativement récent de cette activité et du manque de connaissances, malgré l’importance des recherches engagées, il n’existe pas de gestion rationnelle des stocks exploités et des stocks naturels, ni de gestion des lagons d’atolls, souvent confinés et en équilibre précaire. Les problèmes liés à l’exploitation, dont les impacts font encore l’objet de recherches, concernent :
• la mortalité des élevages qui serait peut-être due à des causes pathologiques ou à la surcharge en nacre, donc du matériel particulaire, qui se traduirait par une eutrophisation dans les atolls.
• l’occupation des lagon et la multiplication des concessions : il existait, à la fin de 1997, 5.137 concessions. Sans planification, la perliculture se développe encore aujourd’hui au coup par coup. On assiste à un véritable mitage des lagons par les concessions qui excluent tout autre type d’activité, d’où des risques potentiels de conflits à terme avec ces autres activités.
• les activités de collectage et d’élevage qui ont un impact sur le milieu lagonaire : d’une part, le collectage entraîne un prélèvement intensif de larves et une concurrence (alimentaire et espace) vis à vis des autres organismes, d’autre part, l’élevage entraîne une abondance en fèces, dûe à la surcharge du lagon d’atoll en individus filtreurs.
• les transferts interinsulaires de nacre et la contamination des stocks : afin d’alimenter les stocks, depuis toujours des transferts de nacres perlières ont régulièrement été effectués d’atolls à atolls. Ces transferts d’huîtres, le plus souvent non contrôlés, posent des problèmes pathologiques, avec une propagation des maladies et une contamination des atolls les uns après les autres. D’autre part, la diversité génétique de Pinctada margaritifera a été considérablement réduite par suite de ces transferts.

Collecte de naissain (Photo P Laboute)
• Les autres ressources exploitées
Plusieurs autres ressources sont exploitées à petite échelle en Polynésie, pour la consommation ou l’artisanat local. Pour la plupart d’entre elles, l’état des stocks est inconnu et probablement relativement intact à l’échelle de la Polynésie, mais certaines espèces donnent des signes de surexploitation locale.
Le corail noir (Cirripathes et Anthipates) est employé en bijouterie. Il semblerait que certains sites des Iles Sous-le-Vent aient été anéantis en quelques années. Cette espèce est protégée depuis 1991.
Outre les coquillages de collection, plusieurs mollusques sont exploités traditionnellement par les Polynésiens, comme le bénitier (Tridacna maxima) qui fait l’objet de surexploitation dans les zones facilement accessibles ; ainsi une étude sur Bora-Bora a montré que les stocks des récifs frangeants étaient largement décimés. Turbo setosus, le maoa, qui fait également partie de l’alimentation polynésienne devient rare aux Iles-du-Vent.
Chez les échinodermes, les holothuries (Microthele nobilis, Thelenota ananas, Actinopyga sp) et les oursins (Echinometra mathaei) sont ramassés par les polynésiens. La production d’oursins est parfois vendue au marché et plusieurs tonnes seraient consommées annuellement. L’exportation d’holothuries (bèches de mer) vers les USA s’est élevée à 81 kg pour 92 et 1 kg en 1993.
Plusieurs autres espèces sont exploitées à petites échelles sans que l’on connaisse les niveaux de pression : les coraux, ramassés comme objets décoratifs, la langouste, les squilles, les cigales, et certains crabes ; il semblerait que les cigales et les squilles soient devenues rares.

Antipathaire (Photo P Laboute, IRD)
En milieu marin, l’introduction des burgaux (Turbo marmoratus) et des trocas (Trochus niloticus), qui ont colonisé une niche écologique vide dans le complexe récifal, ne semble pas constituer une menace pour les espèces marines.
Les tirs nucléaires souterrains, dans le socle basaltique de l’atoll, à Moruroa essentiellement, ont principalement un impact sur le récif lié à l’onde de choc, dont l’importance varie en fonction de la force du tir et de sa profondeur et qui peut provoquer le tassement et la destruction par éboulement ou fracturation de portions de récif (BABLET et alii, 1987,1995).
Les hôtels sont essentiellement localisés en bordure et sur le lagon et l’occupation du domaine public maritime peut représenter entre 0 et 60% de la surface totale occupée par l’hôtel. Environ 20 ha de lagon sont utilisés, sous forme de concessions maritimes, par les hôtels (bungalows sur pilotis, remblais). Actuellement les nuisances liées au tourisme demeurent limitées et ponctuelles, mais la pression existe néanmoins et risque de s’accentuer avec la multiplication à venir du nombre de touristes. Bien que l’étude d’impact ne soit obligatoire que depuis peu (juillet 98), les aménagements touristiques ont fait presque systématiquement l’objet, depuis quelques années, d’une étude d’impact préalable. Les problèmes d’environnement généralement évoqués, résultant du développement touristique, concernent :
• les dégradations et pollutions du milieu récifo-lagonaire, en phase chantier, dues à l’aménagement des infrastructures : terrassements, creusement des platiers pour la création de chenaux ou de marinas, extractions de matériaux coralliens, installation des bungalows sur pilotis ;
• les dégradations et pollutions du milieu récifo-lagonaire en phase d’exploitation, qui peuvent résultent des rejets d’eaux usées, bien que les hôtels soient de mieux en mieux équipés en station de traitement. Par ailleurs, les activités nautiques conduisent à quelques dégradations qui tiennent au piétinement ou au bris des colonies coralliennes par fréquentation des récifs (exemple de la zone urbaine à Tahiti, de Mahina à Punaauia, et Vairao), à la collecte parfois excessive d’organismes par ou pour les touristes (exemple des bénitiers à Bora-Bora), à l’ancrage des voiliers qui brisent les coraux, aux rejets d’eaux polluées par les voiliers. S’y ajoutent parfois des conflits dans l’utilisation des espaces lagonaires, notamment avec les pêcheurs, et les risques liés aux activités de nourrissage des requins pour les touristes et les pêcheurs. A l’exception de la collecte de bénitiers sur Bora-Bora, aucune de ces nuisances n’a été quantifiée.