Créé le 5 juillet 2006
Actualisé le 13 septembre 2006
RÉSUMÉ
En l’absence d’intervention de l’Etat, le niveau de R&D des acteurs privés pour lutter contre le changement climatique ne sera pas optimal du point de vue de la société à cause de différentes imperfections du marché et parce que le changement climatique est une externalité dont le coût n’est pas encore pris en compte. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place des politiques publiques.
Les instruments économiques permettent de diminuer l’écart de prix entre les technologies sobres en carbone et les technologies fossiles. Ils accélèrent le progrès technique en améliorant la rentabilité de certains marchés et en favorisant l’apprentissage par la pratique. Ils encouragent aussi la R&D des entreprises en statique et dynamique. La mise en place d’un signal prix est essentielle pour canaliser le progrès technique dans un sens favorable à l’environnement car en l’absence de signal prix, le progrès technique risque de faire baisser les coûts d’utilisation d’un service et donc d’augmenter son utilisation (effet rebond).
Cependant, le signal prix carbone actuel n’est probablement pas fixé à un niveau qui reflète intégralement l’externalité qu’il cherche à corriger. Plusieurs raisons l’expliquent, notamment la difficulté de faire accepter un signal prix élevé aux consommateurs. De plus, dans le cas du changement climatique, il est impossible de déterminer le signal prix optimal avec précision car l’évaluation des dommages est un exercice très difficile, voir impossible à l’heure actuelle. Dans ces conditions, il est utile de mettre en place des politiques complémentaires au signal prix comme les subventions à la recherche, en particulier dans les domaines où les inventions sont encore éloignées du stade de la commercialisation et de la diffusion massive (pile à combustible et filière hydrogène, capture et séquestration du carbone, photovoltaïque..).
La question se pose aussi de savoir si la recherche sur ces technologies sobres en carbone devrait donner lieu à une collaboration internationale plus active puisque ces technologies ont des aspects de bien public global. En fait, il apparaît qu’il existe déjà de nombreuses initiatives de collaboration internationale sur la technologie (initiatives américaines ou initiatives de l’AIE) et qu’il semble surtout important à ce stade de chercher à les renforcer plutôt que d’en créer de nouvelles.
La diffusion des technologies propres vers les PED est un des enjeux majeurs des politiques de lutte contre le changement climatique dans les 30 prochaines années. La convention cadre sur les changements climatiques a mis en place un certain nombre de mécanismes pour encourager les transferts de technologie, notamment le fonds pour l’environnement mondial et le mécanisme de développement propre, qui offrent des perspectives très intéressantes. Néanmoins, étant donnée l’ampleur du défi à relever, d’autres pistes devront être explorées : verdir l’aide publique au développement ou impliquer les agences de crédits à l’exportation qui peuvent avoir un impact significatif sur le développement des technologies propres.