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La lutte biologique

Créé le 20 mars 2007
Actualisé le 15 mars 2007

La lutte biologique consiste à utiliser des espèces animales ou végétales pour lutter contre des espèces à problèmes, en particulier sur le plan agricole. Les larves de coccinelles sont désormais vendues auprès du grand public pour lutter contre les pucerons ; des centaines d’autres espèces sont concernées à travers le monde. Cette démarche intéressante doit être conduite avec prudence pour éviter la prolifération des espèces introduites.


Figuier de barbarie © Franck Le Bloch

Aux alentours de 1870, en Californie, les agrumes dépérissaient sous l’action de la Cochenille Icerya purchasi provenant semble-t-il d’Australie. Pour lutter contre ce fléau, la coccinelle Rodolia cardinalis fut ramenée d’Australie et implantée dans les vergers californiens. L’opération réussit et les coccinelles ont peu à peu contrôlé les cochenilles.

La lutte biologique ne date donc pas d’hier ; elle a sans doute été éclipsée temporairement par les produits chimiques, mais elle revient en force depuis quelque temps.
Son principe est simple ; il s’agit de lutter contre les organismes ravageurs des cultures en introduisant ou en favorisant leurs ennemis, qu’il s’agisse de prédateurs, de parasites, de bactéries ou de virus. Ces méthodes tendent non pas à éliminer totalement les ravageurs mais à réduire leurs populations à un niveau tel qu’ils ne produisent plus de dégâts significatifs.

On estime qu’actuellement environ 50 espèces de « mauvaises herbes » (souvent des espèces invasives) et 500 espèces d’insectes « nuisibles » peuvent être combattues efficacement par des agents biologiques. Outre les fameuses coccinelles, on peut citer d’autres exemples :

  • Les trichogrammes sont des micro-Hyménoptères (famille des guêpes) qui sont élevés puis lâchés par millions par les agriculteurs dans les champs de maïs menacés par la chenille d’un papillon, la Pyrale. Les Trichogrammes pondent dans les oeufs de Pyrale, empêchant le développement du papillon.
  • Le papillon de nuit Cactoblastis cactorum a été introduit pour limiter la prolifération du figuier de Barbarie, espèce invasive en Australie.
  • Les spores du champignon Trichoderma viridae permettent de lutter contre diverses maladies des arbres fruitiers et de la vigne.
  • Le bacille de Thuringe est vendu sous la forme d’une poudre contenant spores et cristaux protéiniques de la bactérie Bacillus thuringiensis, une maladie naturelle des chenilles. On l’utilise dans la lutte contre les larves de moustiques, les chenilles processionnaires du pin ou certains ravageurs des potagers.

La lutte biologique demande une démarche complexe : identifier un prédateur ou parasite efficace, provenant généralement de la région d’origine de l’espèce à problème, puis mettre en place son élevage et sa dissémination.
Cette approche est intéressante par son caractère écologique, mais requiert une expertise ; si l’on improvise, l’espèce disséminée peut devenir prédatrice ou concurrente d’espèces locales jusqu’à entraîner leur disparition.


Pour en savoir plus : www.inra.fr/opie-insectes/luttebio.htm 

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