source - http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=4628
26/02/2002 Présentation de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI)
|
|
1.
Les problèmes rencontrés par les récifs
coralliens 1. Les problèmes rencontrés par les Récifs Coralliens Les récifs coralliens sont en voie de dégradation sérieuse à l’échelle mondiale, particulièrement dans les criques plus profondes et dans les régions à forte densité démographique . On estime que 10% des récifs coralliens de la planète sont déjà gravement dégradés et qu’environ 60 % des récifs restants sont sérieusement menacés. Si ce déclin n’est pas rapidement enrayé, cela entraînera la perte de la plupart des ressources récifales mondiales au cours du siècle prochain. Les principales menaces pour les récifs coralliens sont issues des activités humaines: les eaux usées, la pollution industrielle et agricole, les apports sédimentaires excessifs dans les zones côtières et une pêche, utilisant des méthodes de plus en plus intensives et nuisibles. L’année 1998 a vu se produire l’incident le plus grave en matière de blanchissement des coraux et de disparition des coraux. Cet événement peut nous faire redouter des conséquences plus graves avec les changements climatiques. Ces problèmes sont clairement identifiés dans le chapitre 17 de l’Agenda 21 des Nations Unies, et dans d’autres conventions et accords internationaux (Convention pour le développement durable, Convention pour la diversité biologique, et la Convention sur les petits Etats insulaires en développement). Le rôle de l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens est de faire déclencher la mise en oeuvre de ces déclarations pour le bénéfice des peuples, des récifs coralliens et de leur écosystèmes.
2. Solutions aux problèmes des Récifs Coralliens Le gouvernement des Etats-Unis, avec les gouvernements d’Australie, de France, de Jamaïque, du Japon, des Philippines, de la Suède, du Royaume Uni et avec des agences telles que la Banque Mondiale et le PNUE, ont reconnu les problèmes croissants des récifs coralliens et ont lancé l’ICRI en 1994 lors de, la conférence sur les petits Etats insulaires en développement. La création de l’ICRI fut aussi annoncée à la première conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique en décembre 1994, et aussi à la Commission pour le développement durable des Nations Unies en avril 1995. La grande concertation entre les acteurs est un élément essentiel de l’ICRI. Entre 1995 et 1998 un nombre important d’acteurs du domaine des récifs coralliens ont été consulté, dont : · les gouvernements de plus de 100 pays ou Etats · les agences internationales (spécialement les Nations-Unies) et des ONG · la communauté scientifique des récifs coralliens · le secteur privé · nombreuses ONG locales · pays donateurs et banques multilatérales
L’ICRI est l’unique partenariat environnemental qui réunit tous les acteurs se fixant comme objectif un usage durable et la conservation des récifs coralliens pour les générations futures. L’ICRI est un mécanisme informel qui permet d’associer équitablement les représentants de 80 pays en voie de développement possédant des récifs coralliens, à des pays importants donateurs et des banques de développement, des agences internationales de développement et d’environnement, des associations scientifiques, le secteur privé et les ONG, afin de décider des meilleures pratiques pour la conservation des ressources récifales mondiales. L’ICRI n’est pas une organisation ou structure permanente, mais un réseau informel qui a comme but d’appliquer les meilleures stratégies pour conserver les récifs coralliens et « les ressources côtières" dans les Tropiques. L’ICRI ne finance pas de projets, mais s’assure que les besoins des pays en voie de développement concernant les récifs coralliens soient relayés auprès des agences de financement. Ainsi, l’ICRI est unique et sa force est liée au fait que c’est un mouvement volontaire avec des objectifs opérationnels basiques. Il n’y a aucune intention de former une structure et d’avoir un personnel permanent, de plus les fonds dépensés pour les réunions sont minimum. L’agenda de l’ICRI a été approuvé par plus de 80 pays et gouvernements durant les 2 groupes de travail internationaux (1995 et 1998) et aux 7 groupes régionaux de travail de l’ICRI entre 1995 et 1997. Le partenariat volontaire de l’ICRI entre les pays en développement, les banques de développement, les agences internationales de développement et d’environnement, les associations scientifiques, le secteur privé et les ONG est géré par un secrétariat général, tenu par un gouvernement d’un pays, mais souvent aidé par d’autres pays. Le secrétariat général est délibérément petit et temporaire, avec un personnel non permanent. Le personnel de coordination ont à accomplir les tâches de l’ICRI en plus de leurs responsabilité dans le gouvernement. Le secrétariat de l’ICRI est conseillé par le Comité de Planification et de coordination (CPC ICRI) qui se réunit une à deux fois par an, souvent pour coïncider avec d’autres réunions internationales. A tour de rôle, les membres du CPC doivent faciliter la réalisation des objectifs et la mise en place des projets de l’ICRI. Le premier secrétariat fut tenu par le Département d’Etat américain, de 1994 à septembre 1996 avec comme directeur général Dr. Peter Thomas. Le second secrétariat fut tenu par l’autorité du Parc Marin de la Grande Barrière de Corail australien de septembre 1996 à décembre 1998 avec comme président Richard Kenchington et John Baldwin comme secrétaire. Le troisième Secrétariat est maintenant tenu par le Ministère de l’environnement français, co-présidé par le chef du service des Affaires Internationales) et le Professeur Bernard Salvat (Ecole Pratique des Hautes Etudes, Université de Perpignan), et avec Geneviève Verbrugge comme secrétaire, de janvier 1999 jusqu’à la fin de l’année 2000.
4. L’Agenda d’Action de l’ICRI L’agenda d’Action est un ensemble d’actions relatif à la protection des récifs coralliens, cet agenda a été conçu par les 2 groupes de travail internationaux et les 7 groupes de travail régionaux de l’ICRI. Plus de 40 pays étaient représentés lors du premier groupe international de travail de l’ICRI qui s’est tenu à Dumaguete City, aux Philippines en mai - Juin 1995. Cette réunion a donné lieu à « l’Appel » à l’Action incitant les gouvernements à signer en faveur d’une action concertée pour la protection des récifs coralliens. Les participants du groupe de travail ont également établi un Cadre pour l’Action qui énonça les objectifs des gouvernements, agences de financement ou de don, les organisations de développement, la communauté des chercheurs et le secteur privé, afin de travailler ensemble pour le développement des ressources des récifs coralliens. Le groupe de travail de Dumaguete a recommandé que toutes les régions du monde se rencontrent pour préparer leur propre agenda d’action en fonction des spécificités de chaque région. Les régions choisies sont celles qui ont été désignées par le programme des Nations Unies pour l’Environnement (programme des mers régionales) et coordonnées par le bureau régional pour les mers ou son équivalent: · Le Moyen Orient · L’Afrique de l’Est et l’Ouest de l’Océan Indien · Les Mers de l’Asie du sud coordonné par le programme coopératif sud-asiatique pour l’Environnement (SACEP) à Colombo, Sri Lanka; · Les Mers de l’Asie de l’Est, coordonnée par l’unité de coordination régionale des mers de l’Asie de l’Est à Bangkok, Thaïlande; · Le Pacifique coordonné par le programme régional du Pacifique sud pour l’Environnement; · Les tropiques de l’Amérique coordonné par le PNUE, unité de coordination régionale des Caraïbes à Kingston, Jamaïque. Entre juin 1995 et septembre 1997, sept groupes régionaux de travail de l’ICRI se sont tenus à travers le monde dans six régions. Ces réunions, durant les 2 groupes internationales de travail et les 7 groupes régionaux de travail, ont mis en place l’agenda d’Action de l’ICRI : - le premier groupe international de travail de l’ICRI, Dumaguete, Philippines, du 29 mai au 2 juin 1995 40 pays y ont participé. - le groupe de travail régional, de l’ICRI, des Amériques Tropicales, Jamaïque, 5-8 Juillet 1995 - le groupe de travail régional du Pacifique, de l’ICRI : Fidji, 27 novembre- 1er décembre, 1995 - le groupe de travail des mers régionales du Sud de l’Asie de l’ICRI, les Maldives, 29 novembre - 3 décembre, 1995 - le groupe de travail régional des mers régionales de l’Asie de l’Est, Bali, Indonésie, 18-22 mars, 1996. - le groupe de travail régional de l’Est de l’Afrique de l’Océan Indien de l’Est, les Seychelles 29 mars - 2 avril, 1996 - le groupe de travail régional du Moyen Orient, Aquaba, Jordanie, 21-24 septembre, 1997 - Le second groupe international de travail de l’ICRI fut tenu à Townsville, en Australie, du 22 au 27 novembre 1998. Le Symposium International de Gestion des Ecosystèmes Marins Tropicaux (ITMEMS) a réuni des personnes de différents pays qui rapportèrent que l’état des récifs coralliens à travers le monde ne s’est pas amélioré depuis plus de 4 ans et que l’action la plus urgente était d’inverser la tendance de la dégradation des récifs. Les participants de l’ITMEMS réaffirmèrent l’Appel à l’Action et le Cadre pour l’Action du groupe de travail de Dumaguete, formulèrent un Nouvel Appel à l’Action et ajoutèrent, enfin, une série de tâches prioritaires pour l’ICRI et son secrétariat. Ces groupes de travail ont fournit aux partenaires de l’ICRI une liste des problèmes mondiaux et locaux concernant les récifs et aussi un grand choix d’actions destinées à enrayer la dégradation des récifs.
5. Les objectifs futurs de l’ICRI L’ICRI va continuer à sensibiliser l’opinion mondiale aux problèmes de gestion et de protection des écosystèmes coralliens. L’action doit être entreprise aux niveau local, national, et international. Le succès de l’Initiative va dépendre de sa capacité à traduire ce « momentum » international des actions concrètes à tous les niveaux et dans toutes les régions. Les stratégies régionales et internationales de l’ICRI, développées entre 1995 et 1998 et les réseaux de personnes et d’organisations tissés durant cette même période, ont donné les fondations d’une action efficace. L’ICRI doit désormais faire des progrès en 1999 et 2000 sur certains objectifs-clés : Continuer à sensibiliser l’opinion générale sur l’état de déclin des récifs coralliens de la planète et de promouvoir des solutions pratiques qui peuvent être appliquées rapidement pour inverser le déclin. Mettre en place des réseaux opérationnels de l’ICRI au niveau régional et international pour coordonner les principaux objectifs de l’application de la gestion intégrée des zones côtières, les mobiliser, conduire des actions de recherches et de surveillances efficaces, encourager une prise de conscience vis à vis des récifs parmi tous les acteurs, impliquer le secteur privé, particulièrement l’industrie du tourisme. Déclencher des projets et des programmes de développement et de financement par le biais de ces réseaux qui permettront ensuite aux partenaires de l’ICRI de coopérer dans les domaines de la conservation et du développement durable des récifs coralliens et de leurs écosystèmes. Jusqu’à présent le secrétariat général de l’ICRI assurait le suivi de l’agenda de l’ICRI et sa mise en oeuvre logistique, ces aspects doivent maintenant pris en charge, partagés et gérés par des réseaux régionaux suivant les objectifs thématiques ci au dessus. Avec ces réseaux, les gouvernements nationaux, avec l’aide du secteur privé et des communautés locales, peuvent développer des politiques spécifiques et des projets adaptés aux moyens particuliers.
6. Les partenaires de l'Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens L'Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens est un effort commun parmi les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales pour appliquer les accords internationaux pour préserver les récifs coralliens et leurs écosystèmes associés. Les agences et les organisations présentées ci dessous sont des partenaires impliqués dans cet effort et qui ont participé à la réunion de l'ICRI- CPC du Secrétariat français du 15-16 mars 1999, à Paris. Les Comités ICRI nationauxEtats-Unis
: US Coral Reef Task Force GouvernementsAustralie
(voir aussi "the Environmental Research Information
Network") Les organisations intergouvernementalesThe
United Nations Development Programme -- UNDP Les organisations non gouvernementales internationales World
Union for Conservation of Nature IUCN
7. Le réseau opérationnel de l’ICRI Il est essentiel de créer des réseaux opérationnels afin de mettre en oeuvre l’Agenda d’action de l’ICRI Un premier réseau est actuellement en place et fonctionne de manière satisfaisante : le Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens (GCRMN). Celui-ci doit être élargi en incluant d’autres réseaux de surveillance et s’insérer dans les réseaux de surveillance de l’ICRI. D’autres réseaux devront s’inspirer de celui-ci en y incluant les éléments suivants : un réseau de sensibilisation ( réseau de sensibilisation de l’ICRI) un réseau de mobilisation institutionnelle (le réseau de mobilisation de l’ICRI) un réseau pour promouvoir la gestion intégrée des zones côtières ( le réseau de gestion des zones côtières de l’ICRI) un réseau pour associer le secteur privé (réseau tourisme de l’ICRI). Ce réseau est la version élargie de celui proposé à la réunion de l’ICRI à Dumaguete de 1995. Ce dernier fut proposé afin de former le GCRMN. Le réseau de surveillance de l’ICRI intègre différents niveaux de surveillance des récifs coralliens : scientifique, gouvernemental et local /associatif. Le niveau gouvernemental de surveillance est couvert par le GCRMN, l’objectif est d’initier à la surveillance des récifs tous les pays abritant des récifs, mis en place par des membres des Ministères de la pêche ou de l’environnement. « ReefCheck » a entamer une étude volontaire globale des récifs en 1997 mené par l’Université de Science et Technologie de Hong Kong. « ReefCheck » emploie un panel réduit de méthodes basées sur celles recommandées par le GCRMN, elles sont adaptées à la mise en place d’une surveillance par les communautés et les volontaires. D’autres réseaux sont en projet comme le réseau d’information de l’ICRI (avec la participation de CORAL) et le réseau tourisme de l’ICRI. source - http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=4628 |