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Des experts nomades

L’exemple du banc d’Arguin

Créé le 20 mars 2007
Actualisé le 8 octobre 2007

Les peuples qui dépendent de la nature, tels les nomades de Mauritanie, connaissent de façon très fine et profonde leur milieu, les zones de pâture, la qualité fourragère des plantes et le comportement de leurs animaux, résultat d’une expérience acquise au cours des générations. Ces savoirs doivent être préservés.


© Marc Bournof - IRD

Dans un milieu aussi contraignant que le désert, les hommes doivent en connaître parfaitement la biodiversité et ses usages potentiels, clé de survie des nomades et de leurs animaux.

Ainsi, les nomades du Parc National du Banc d’Arguin (Mauritanie) ont appris à connaître les espèces végétales de leur milieu en leur donnant des noms locaux, qui changent en fonction des saisons pour certaines, et à retenir leurs caractères et leurs propriétés. Ils savent distinguer les espèces qui servent de pâturage à leurs animaux (dromadaires), mais aussi identifier les plantes à vertu thérapeutique (vermifuge, dermatologie….) et les espèces toxiques.

La comparaison de leur appréciation de la valeur fourragère des espèces consommées par les dromadaires avec les résultats des analyses chimiques (Bromatologie) a montré des recoupements partiels entre ces savoirs empiriques et la réalité biologique. Elle a également révélé une divergence qui s’explique par le fait que les nomades raisonnent aussi en fonction des préférences des animaux, sur la base des associations d’espèces consommées sur toute l’année.

Il est important de sauvegarder ces savoirs locaux qui méritent d’être pris en considération par les scientifiques. Ces connaissances empiriques intègrent l’évolution des plantes dans le temps et leur distribution dans l’espace ; elles pourraient non seulement compléter les données scientifiques mais aussi constituer le plus sûr moyen de gestion durable des milieux désertiques.


 

Pour en savoir plus :
Correra A., 2006. Dynamique de l’utilisation des ressources fourragères par
les dromadaires des pasteurs nomades du Parc National du Banc d’Arguin
(Mauritanie). Thèse de doctorat MNHN – Paris. 247p.

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